le musée explore l’histoire des noms de rues


Opinion

Le Musée de Carouge se poste dès aujourd’hui «Au coin d’une rue»

Toponymique, l’exposition cherche à montrer qui se cache derrière les noms des différentes artères de la ville sarde.

Rue pavée bordée de maisons traditionnelles en pierre, avec des volets colorés et des arbres dénudés en hiver.

Les noms actuels sont fixés. Les nouveaux, surtout féminins, iront aux rues des quartiers neufs.

Laurent Guiraud, Tribune de Genève.

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.

BotTalk

Le Musée de Carouge n’en finit pas de labourer le terrain municipal. Après avoir mis en évidence des photographes locaux ou planché sur les rapports entre le cinéma et la cité sarde, la petite institution s’intéresse en ce moment au nom des rues. Si j’ai bien compris, il y aura quatre expositions sur le sujet. Une tous les deux ans. Après les notabilités défuntes prendront ainsi place l’histoire, le paysage et les savoir-faire. Il faut de tout pour faire une ville. Notons à ce propos que la Municipalité carougeoise ne compte pas débaptiser à tour de bras pour accorder une place aux femmes, particulièrement peu représentées sur les plaques émaillées bleues. Les candidates à cette forme d’immortalité attendront la construction des nouveaux quartiers prévus. Je vous rassure tout de suite. Les immeubles champignonnent dans le canton de Genève. Carouge voit ainsi pousser en ce moment Le Parc des Chênes. Après un abattage d’arbres, comme de bien entendu.

Une personne âgée avec des lunettes rondes et une coiffure grise croise les bras, vêtue d’un haut noir texturé.

Christa de Carouge, idéale candidate à une rue dans la commune.

DR, Tribune de Genève.

Qui se cache derrière les noms des artères municipales? Souvent d’illustres inconnus. Que voulez-vous? La toponymie ressemble à une mise en bière. L’oubli vient peu après un enterrement où le souvenir s’est pourtant vu déclaré impérissable. Si l’homme un tant soit peu cultivé peut encore rattacher les Baylon à une faïence produite entre 1803 et 1879 (1), si le cardinal Mermillod reste encore connu pour avoir été expulsé du pays, bien que de nationalité suisse, qui se souvient ainsi de Jules Vuÿ, de Louis Cottier ou d’Alexandre Gavard? Ou a fortiori de Louis Duparc, dont la (courte) rue n’existe plus à la suite d’un remaniement urbanistique? D’une manière générale, les artistes s’en tirent mieux que les politiciens. Le Musée de Carouge a ainsi montré du temps de son directeur Jean-Marie Marquis l’œuvre miniature de Carlo Poluzzi. Les deux frères Vibert (le sculpteur et le graveur) restent solidement inscrits dans le panthéon genevois (2).

Portrait d’un homme aux cheveux bruns, portant une chemise blanche et une cravate verte, avec un arrière-plan d’objets artistiques et un rideau bleu.

Renato Paresce, dont peu de gens se souviennent qu’il est né à Carouge,. Un autoportrait de 1917, et donc d’avant le surréalisme.

DR.

L’exposition ne se révèle pas sans intérêt. Le directeur Benoît Boretti et le décorateur Pierre Monnerat ont fait ce qu’ils ont pu. Le dernier cité a ainsi su jouer sans déshonneur avec une iconographie comprenant de nombreuses croûtes. Ce qui me frappe cependant une fois de plus ici, c’est le désolant manque d’ambition de Carouge dans le domaine muséal. Le visiteur n’a jamais l’impression de se trouver dans une ville digne de ce nom. La mise en scène proposée se termine avec un plan participatif. Quels noms donneriez-vous aux futures artères? J’y ai non pas vu le nom de la couturière Christa de Carouge, ce qui m’eut semblé normal et même souhaitable, mais celui de la galeriste Marianne Brand, toujours bien vivante. Disons qu’il s’agit là d’une vision d’avenir.

(1) Le grand potier carougeois Marcel Noverraz ne possède en revanche pas sa rue.

(2) Je rappellerai que deux grands peintres internationaux sont nés à Carouge, dont ils sont vite partis. Il s’agit de l’abstrait zurichois Camille Graeser et du surréaliste italien Renato Paresce.

Pratique

«Au coin de la rue une personnalité», Musée de Carouge, 2, place de Sardaigne, Carouge, jusqu’au 26 avril. Tél. 022 307 93 80, site https://carouge.ch/musee Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h. Entrée libre.



Source link

Opinion

Le Musée de Carouge se poste dès aujourd’hui «Au coin d’une rue»

Toponymique, l’exposition cherche à montrer qui se cache derrière les noms des différentes artères de la ville sarde.

Rue pavée bordée de maisons traditionnelles en pierre, avec des volets colorés et des arbres dénudés en hiver.

Les noms actuels sont fixés. Les nouveaux, surtout féminins, iront aux rues des quartiers neufs.

Laurent Guiraud, Tribune de Genève.

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.

BotTalk

Le Musée de Carouge n’en finit pas de labourer le terrain municipal. Après avoir mis en évidence des photographes locaux ou planché sur les rapports entre le cinéma et la cité sarde, la petite institution s’intéresse en ce moment au nom des rues. Si j’ai bien compris, il y aura quatre expositions sur le sujet. Une tous les deux ans. Après les notabilités défuntes prendront ainsi place l’histoire, le paysage et les savoir-faire. Il faut de tout pour faire une ville. Notons à ce propos que la Municipalité carougeoise ne compte pas débaptiser à tour de bras pour accorder une place aux femmes, particulièrement peu représentées sur les plaques émaillées bleues. Les candidates à cette forme d’immortalité attendront la construction des nouveaux quartiers prévus. Je vous rassure tout de suite. Les immeubles champignonnent dans le canton de Genève. Carouge voit ainsi pousser en ce moment Le Parc des Chênes. Après un abattage d’arbres, comme de bien entendu.

Une personne âgée avec des lunettes rondes et une coiffure grise croise les bras, vêtue d’un haut noir texturé.

Christa de Carouge, idéale candidate à une rue dans la commune.

DR, Tribune de Genève.

Qui se cache derrière les noms des artères municipales? Souvent d’illustres inconnus. Que voulez-vous? La toponymie ressemble à une mise en bière. L’oubli vient peu après un enterrement où le souvenir s’est pourtant vu déclaré impérissable. Si l’homme un tant soit peu cultivé peut encore rattacher les Baylon à une faïence produite entre 1803 et 1879 (1), si le cardinal Mermillod reste encore connu pour avoir été expulsé du pays, bien que de nationalité suisse, qui se souvient ainsi de Jules Vuÿ, de Louis Cottier ou d’Alexandre Gavard? Ou a fortiori de Louis Duparc, dont la (courte) rue n’existe plus à la suite d’un remaniement urbanistique? D’une manière générale, les artistes s’en tirent mieux que les politiciens. Le Musée de Carouge a ainsi montré du temps de son directeur Jean-Marie Marquis l’œuvre miniature de Carlo Poluzzi. Les deux frères Vibert (le sculpteur et le graveur) restent solidement inscrits dans le panthéon genevois (2).

Portrait d’un homme aux cheveux bruns, portant une chemise blanche et une cravate verte, avec un arrière-plan d’objets artistiques et un rideau bleu.

Renato Paresce, dont peu de gens se souviennent qu’il est né à Carouge,. Un autoportrait de 1917, et donc d’avant le surréalisme.

DR.

L’exposition ne se révèle pas sans intérêt. Le directeur Benoît Boretti et le décorateur Pierre Monnerat ont fait ce qu’ils ont pu. Le dernier cité a ainsi su jouer sans déshonneur avec une iconographie comprenant de nombreuses croûtes. Ce qui me frappe cependant une fois de plus ici, c’est le désolant manque d’ambition de Carouge dans le domaine muséal. Le visiteur n’a jamais l’impression de se trouver dans une ville digne de ce nom. La mise en scène proposée se termine avec un plan participatif. Quels noms donneriez-vous aux futures artères? J’y ai non pas vu le nom de la couturière Christa de Carouge, ce qui m’eut semblé normal et même souhaitable, mais celui de la galeriste Marianne Brand, toujours bien vivante. Disons qu’il s’agit là d’une vision d’avenir.

(1) Le grand potier carougeois Marcel Noverraz ne possède en revanche pas sa rue.

(2) Je rappellerai que deux grands peintres internationaux sont nés à Carouge, dont ils sont vite partis. Il s’agit de l’abstrait zurichois Camille Graeser et du surréaliste italien Renato Paresce.

Pratique

«Au coin de la rue une personnalité», Musée de Carouge, 2, place de Sardaigne, Carouge, jusqu’au 26 avril. Tél. 022 307 93 80, site https://carouge.ch/musee Ouvert du mardi au dimanche de 14h à 18h. Entrée libre.

, le musée explore l’histoire des noms de rues , , 2026-02-07 16:44:00 , "site:bilan.ch ""le résidentiel""" when:30d" – Google Actualités , , https://www.renews.ch/wp-content/uploads/2026/02/9gn7igN2a3gAYmx4TUBp8l.jpg?op=ocroped&val=1200,600,1000,749,126,0&sum=tzl1J6TaCh4 , [rule_{ruleNumber}] , [rule_{ruleNumber}_plain] , , , https://www.bilan.ch/story/carouge-le-musee-explore-lhistoire-des-noms-de-rues-294200851362 , https://www.bilan.ch/story/carouge-le-musee-explore-lhistoire-des-noms-de-rues-294200851362 , www.bilan.ch , https%3A%2F%2Fwww.bilan.ch%2Fstory%2Fcarouge-le-musee-explore-lhistoire-des-noms-de-rues-294200851362 , https://www.bilan.ch/story/carouge-le-musee-explore-lhistoire-des-noms-de-rues-294200851362 , , , Prompt,le musée explore l’histoire des noms de rues, #musée #explore #lhistoire #des #noms #rues, 1770489746, le-musee-explore-lhistoire-des-noms-de-rues

Share the Post:

Related Posts

ACTUALITES

DIGITAL

IA

NEWS

MARKET

MEDIAS

PUBLICATIONS

A PROPOS

INSIDER

/ SUIVEZ-NOUS